Ce matin le village s'éveille, lentement, à son rythme quotidien, par le bêlement des chèvres en errance.Cependant, ce jour est un jour peu ordinaire. Chacun le sait, les rôles sont attribués. Pas moins de sept divinités vodoun (orisha) * seront a "visiter". Cinq d'entre elles devront l'être avant que le soleil soit au zénith, après? interdit d'égorger.
La veille, le Bokono (Babalawo: père du secret) avait été consulté sur l'opportunité des sacrifices et offrandes.
En file indienne, la petite troupe, par un chemin parfois très étroit, avance entre palmiers clairsemés, manguiers croulant de fruits et minuscules parcelles de manioc. Les adeptes du vodoun vers lequel nous marchons sont en tête. A 1km environ, Dan (le fétiche-serpent) est là. Mais où? Un arbre mort, couché sur le sol, et sous lui, comme dans une petite cache, Dan somnole. Deux bouteilles de verre, un gozin (sorte de petit vase de terre cuite à col étroit) : voilà Dan ! On lui parle, on lui explique le pourquoi de notre visite, on lui demande d'accepter les offrandes en signe de remerciement à un voeu exhaussé. Comme pour tous les autres vodoun, une noix de kola appelée "vi", de celle qui se partage en 4 parties égales, sera la voix de Dan. Par elle la divinité acceptera ou non les offrandes. Acceptation; satisfaction de tous. Le sodabi (alcool de palme), des sodas sucrés, une poule et un coq égorgés dont le sang est mélé à de l'huile rouge (zomi), biscuits, miel, haricots rouges préparés: Dan est repu. La troupe s'en retourne, heureuse du devoir accompli.
Nouvel arrêt près de la divinité Dan (Oshoumaré <arc-en-ciel) cette fois à l'orée du village. Même acceptation, mêmes offrandes et même satisfaction de tous.
Retour à la case-ravitaillement et nouveau départ, cette fois vers le Gou de Savé (Ogoun). Gou est la divinité du métal, patron des forgerons, et divinité de la guerre. Les adeptes de Gou ne sont pas les mêmes que ceux de Dan. Le cérémonial change peu, mis à part que Gou ne peut recevoir de sodabi (alcool). La légende l'interdit, ainsi que le bon sens: une divinité de la guerre énivrée présente vraiment un trop gros risque!
A présent, voilà venu le tour de remercier Hohovi (Ibeji), le culte des jumeaux. Contrairement aux autres vodoun qui sont posés à même le sol, Hohovi est surélevé sur un "autel" de ciment, gros blog aux parois lisses. Sur le plat, de nombreuses poteries dont les formes font immédiatement penser à la gémellité. Engluées, encroûtées par les offrandes passées, elles vont à nouveau boire et manger. Les 4 portions de kola indiquent clairement que Hohovi a faim et soif. Pas d'alcool pour les jumeaux; boissons sucrées, biscuits, le sang mélé à l'huile rouge et puis surtout de la farine de maïs rougie à l'huile et salée que l'on dépose par saupoudrage, par pincées et selon un rituel précis.
Après Dan, Gou, Hohovi, je me dois de rendre visite à MON vodoun : Déxué (comment Déxué est-il devenu MON vodoun ? une bien longue histoire). Aujourd'hui, point de sacrifice, simplement des offrandes pour implorer son aide, car il ne s'agit pas de remercier mais de demander. A cette occasion, trois Totems me seront révélés. Les Totems sont des injonctions, des conseils à suivre afin de se porter mieux et ne pas déplaire à la divinité.
A ce point de la journée, reste une divinité à remercier : Legba (Eshou Elegba) messager des divinités, il se positionne entre les hommes et Mawu (Obatala / Orishanla), le dieu supérieur. Il faut attendre le soir pour le visiter, on ne peut lui sacrifier qu'au coucher du soleil. Lui aussi accepte les dons, lui aussi reçoit son comptant d'alcool, de sucreries, de sang, d'huile. Mais Legba possède une particularité. L'animal immolé doit être consommé sur place. Alors on allume un grand feu, on plume, on éviscère, on improvise une broche, on cuit et chacun, en communion avec Legba, participe au partage du maigre poulet sacrifié.
Et la nuit tombe sur cette journée d'offrandes.
* Les mots en italique sont les synonymes Yoruba
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Un vernissage accompagné d'une démonstration de danse africaine aura lieu le vendredi 9.
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Et dès le mois de février 2007, vous pourrez retrouver les costumes de revenants exposés à la MJC de Corbeil-Essonnes.




